A 25 ans, la chercheuse alsacienne Eloïse Pariset a parcouru du chemin – et travaille aujourd’hui sur une nouvelle technique de diagnostic du cancer.
Née à Saint-Louis, elle a grandi à Wildenstein et déménagé à Mulhouse, puis Paris et Chicago, pour ses études. De retour en France, elle s’établit à Grenoble, où elle prépare actuellement sa thèse auprès du Commissariat à l’Energie atomique (CEA).
Son sujet de recherche ? La mise au point d’un micro-système permettant de diagnostiquer les cas de cancers très tôt, grâce aux informations contenues par les vésicules extra-cellulaires (des sortes de petites capsules sécrétées par toutes les cellules de l’organisme).
En mettant au point ce dispositif innovant permettant de récupérer ces vésicules sans les abîmer, pour ensuite les analyser, Eloïse Pariset espère une mise sur le marché d’ici à 10 ans.
Il y a énormément à faire concernant la manière dont on diagnostique les cancers, et les traitements sont encore très lourds pour le patient. Si on arrive à diagnostiquer assez tôt la maladie, on peut alléger et simplifier le traitement pour le patient. C’est vraiment une thématique d’avenir, et ça m’intéressait de mettre au point une technologie innovante pour améliorer la prise en charge des malades.
explique la jeune femme, qui a intégré l’Université de Haute Alsace à Mulhouse avant de rejoindre une école d’ingénieurs à Paris.
Une école d’ingénieurs pour mener des recherches sur le cancer ?
J’ai une formation pluridisciplinaire, entre la physique, la chimie, la biologie… J’ai surtout acquis la capacité à m’adapter à tous les sujets et toutes les situations, du coup je peux toucher un peu à tout,
précise Eloïse Pariset, qui veut, après avoir soutenu sa thèse, aller travailler aux Etats-Unis auprès de la NASA.
“Je voudrais inspirer les plus jeunes, et pourquoi pas susciter des vocations”
En attendant, entre ses recherches au laboratoire la journée, et la rédaction de sa thèse le soir, elle est bien occupée. Mais elle trouve encore le temps d’intervenir dans les collèges et lycées pour y diffuser sa passion des sciences et de la recherche.
L’accueil est toujours très chaleureux, même de la part des collégiens pour qui les études supérieures sont encore un peu lointaines. J’ai l’impression qu’ils ont besoin d’avoir des exemples concrets et de se rendre compte des réalités du métier de chercheur. Ils sont souvent très contents de m’écouter, ça fait vraiment plaisir !
Elle est invitée régulièrement dans les établissements scolaires depuis que son travail et son parcours lui ont permis d’être lauréate de la bourse L’Oréal – UNESCO Pour les femmes et la science, en octobre 2017.
Le principe de cette bourse ? Soutenir financièrement (et symboliquement) trente jeunes doctorantes ou chercheuses, dans une profession encore peu représentée par les femmes – seuls 28% des scientifiques en France sont des femmes, et celles-ci ne représentent que 4% des Prix Nobel.
Cette inégalité n’est pas vraiment justifiée, car dans les filières scientifiques au lycée, on trouve autant de femmes que d’hommes, alors qu’un peu plus tard dans la carrière, les postes hiérarchiques occupés par des femmes sont très rares. J’ai l’impression qu’il y a une forme d’auto-censure de la part des filles, c’est pour ça aussi que j’interviens dans les lycées et collèges, pour leur montrer -et aux garçons aussi- que c’est totalement à leur portée.
Eloïse préfère voir le bon côté des choses :
La situation évolue progressivement, même si on n’y est pas encore,
L’attribution de la bourse, aux côtés de 29 autres doctorantes ou jeunes chercheuses, lui a en tout cas ouvert quelques portes - et permis de se construire un réseau.
C’est aussi l’intérêt de la bourse, tisser des liens professionnels et rester en contact les unes avec les autres. Et montrer aux jeunes que la science, c'est aussi ouvert aux femmes !
Le 22 mars prochain à Strasbourg, Eloïse Pariset sera l’une des lauréates des prix de la Fondation Aquatique Show, qui distingue entre autres, les jeunes talents de la région.


