Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées mardi 3 avril vers 14 heures devant la gare de Strasbourg. Parmi eux, une majorité d’étudiants venus soutenir le mouvement de grève des cheminots.
Ils ont bénéficié d’un temps plus clément que lors de la manifestation du jeudi 22 mars, qui s’était déroulée place Kléber dans un froid glacial.
Mais le beau temps n’a pas motivé foule de manifestants à venir soutenir la vingtaine de cheminots rassemblés devant la gare de Strasbourg. Léo, Louis et Adrien, étudiants en classe prépa littéraire, ont séché les cours pour venir manifester :
Nous sommes venus dénoncer le mouvement global de casse de la fonction publique qu’Emmanuel Macron est en train de mettre en place, et pour assurer les cheminots de notre soutien… Nous sommes tous menacés par les réformes actuelles, alors nous avons voulu nous déplacer pour marquer notre opposition.
Cette logique de “convergence des luttes” se retrouve dans toutes les bouches étudiantes en ce mardi après-midi. Andreas (le prénom a été changé), étudiant en archéologie, soutient cette idée d’une manifestation commune :
Le fait de manifester tous ensemble permet aussi de démontrer que contrairement à ce que sous-entend le gouvernement, les grévistes de la SNCF ne prennent pas en otage les usagers, et qu’il y a encore une bonne partie du peuple qui soutient le mouvement cheminot. D’où l’importance d’être là aujourd’hui !
Les rangs du mouvement sont aujourd’hui un peu clairsemés. L’Internationale est entonnée plusieurs fois, sans grand enthousiasme. Emma et Baptiste, étudiants en licence Humanité et en sociologie à l’Université de Strasbourg, regrettent que plus d’étudiants ne les aient pas rejoints :
De plus en plus de secteurs de la société sont concernés par les réformes introduites par Macron, qui vont toutes dans le sens d’un accroissement des inégalités… Je trouve ça dommage qu’il n’y ait pas plus de personnes qui se sentent concernées et qui viennent manifester leur opposition. Pourtant, autour de moi, beaucoup sont d’accord avec nous !
Point de résignation cependant parmi le mouvement étudiant “AG des étudiant.e.s en lutte”, qui coordonne depuis plusieurs semaines les protestations étudiantes strasbourgeoises et organise des permanences d’information au sein du Palais Universitaire de Strasbourg. Un étudiant nous confie :
La manifestation n’est certes pas assez suivie aujourd’hui, mais c’est aussi parce qu’Emmanuel Macron pratique la désinformation, et reste le plus vague possible dans ses réformes pour éviter les mouvements de grande ampleur. Il faut continuer à distribuer des tracts pour être visibles et informer, et continuer à se déplacer en manifestation.
La mobilisation étudiante en tout cas continue. Une Assemblée générale est prévue mercredi 4 avril dans une salle du Palais Universitaire, pour préparer la grande manifestation du 14 avril qui rassemblera une nouvelle fois cheminots et étudiants.


