El Niño : l’ONU annonce un phénomène extrêmement fort jusqu’au printemps 2027.

Tempêtes, incendies, inondations, sécheresses, le climat d’une bonne partie de la planète va être impacté par ce phénomène naturel qui a déjà démarré dans l’océan Pacifique.

Quel hiver aurons-nous en France et Alsace ? 

Le phénomène climatique du Pacifique devrait atteindre une intensité très forte à la fin de l’année. S’il pèse sur la météo mondiale, ses effets en Europe restent plus indirects selon les spécialistes.

Difficile de prévoir aujourd’hui ce que sera l’hiver ici...

La situation

Un El Niño puissant est en train de s’installer dans le Pacifique équatorial.

En juillet, l’indice Niño 3.4, qui mesure l’écart de température de surface de la mer dans une zone centrale du Pacifique, a dépassé +2 °C.

Ce niveau place déjà l’épisode parmi les plus forts ; les projections de Météo-France le voient encore se renforcer d’ici la fin de 2026, potentiellement parmi les plus intenses observés depuis 1950.

L’Organisation météorologique mondiale prévoit une persistance de l’épisode jusqu’en février 2027.

Les températures de surface du Pacifique centre-est se situaient entre +2,2 °C et +2,6 °C au-dessus de la normale entre fin juillet et mi-août.

En profondeur, les anomalies ont localement dépassé +8 °C !

C’est quoi ce phénomène ?

El Niño est une variation naturelle du système climatique.

En situation habituelle, les alizés poussent les eaux de surface chaudes vers l’ouest du Pacifique, près de l’Indonésie, tandis que des eaux profondes et plus froides remontent vers les côtes péruviennes.

Pendant un El Niño, ces vents faiblissent ou peuvent s’inverser.

La chaleur océanique se déplace alors vers le centre et l’est, modifiant les zones de pluies et la circulation atmosphérique à l’échelle mondiale.

Le phénomène survient généralement tous les deux à sept ans, et se développe entre le printemps et le début de l’été.

Ses conséquences sont connues dans plusieurs régions tropicales : davantage de pluies, en moyenne, sur la côte ouest de l’Amérique du Sud et dans la Corne de l’Afrique.

Davantage de sécheresses de l’Océanie à l’Australie, ainsi que dans une partie de l’Amazonie.

Mais l’intensité d’El Niño ne détermine pas à elle seule les effets dans chaque pays.

L’Atlantique, l’océan Indien et les configurations atmosphériques régionales peuvent renforcer, atténuer ou modifier ce signal.

Et sur l’Europe ?

Les modèles scientifiques ne promettent pas le chaos en Europe, bien au contraire.

L’Europe est loin du Pacifique tropical et la relation entre El Niño et son temps hivernal est nettement moins directe que dans les régions proches de l’équateur.

Météo-France souligne que l’impact moyen d’El Niño sur le continent est « nettement plus faible » que la tendance associée au réchauffement climatique, qui pousse les températures européennes vers le haut.

Pour rappel, l’été 2026 a été le plus chaud jamais enregistré en France.

Les effets les plus directs, à court terme, concernent surtout les territoires ultramarins français situés en régions tropicales et subtropicales.

Quel hiver en Alsace ?

Aucune base scientifique ne permet d’annoncer un hiver forcément froid, neigeux, ou à l’inverse doux, sec ou très pluvieux à Strasbourg par exemple, en reliant mécaniquement la météo locale à El Niño.

La saison hivernale 2026-2027 dépendra aussi de la circulation atlantique, du jet-stream, des éventuels blocages anticycloniques et des contrastes entre masses d’air.

En Alsace, ces mécanismes peuvent produire des écarts sensibles avec le reste de la France : un flux d’ouest humide peut par exemple être atténué dans la plaine par l’effet de foehn des Vosges, tandis que les situations continentales peuvent favoriser le froid hivernal.

Les modèles saisonniers européens donnent néanmoins un cadre général pour l’automne.

Copernicus identifie une probabilité accrue de températures au-dessus de la moyenne saisonnière sur la majeure partie de l’Europe.

Il relève également un signal vers un automne plus humide dans le sud et l’ouest du continent.

Tout en insistant sur une incertitude des conséquences du phénomène El Niño plus élevée en Europe qu’en zone tropicale. 

La tendance

Bref, on en sait rien...

Des phénomènes très forts sont anticipés dans plusieurs régions du globe, obligeant certains pays d’Amérique du Sud par exemple, à se mettre en état d’alerte.

Pour l’Europe, et donc l’Alsace en particulier, rien ne permet d’avoir des certitudes alarmistes.

Une tendance se dégage pourtant.

Dans un climat déjà réchauffé, un épisode El Niño très fort ajoute un facteur susceptible de favoriser des températures élevées à l’échelle globale et, plus indirectement, européenne.

Mais il ne supprime ni les gelées, ni les épisodes neigeux, ni même la possibilité de séquences froides en Alsace.

À trois mois, les prévisions saisonnières décrivent des probabilités, pas la météo d’un jour précis.

Pour savoir si l’Alsace connaîtra une offensive hivernale, des chutes de neige ou des pluies abondantes, il faudra attendre les prévisions journalières.

Suivez les analyses des climatologues pour bien comprendre ce phénomène, comme ceux qui travaillent pour l’ONU. 

Illustration @wikipedia